ESI

L’ESI –École Supérieure de l’Informatique- a abrité un atelier sur l’utilisation des TIC dans la gouvernance des établissements universitaires avec le professeur Youcef Amghar de l’université de Lyon –Insa- en présence de représentants des écoles supérieures en Algérie.
Un tour de table a été organisé pour permettre à l’ensemble des participants de ‘se noter’ mais aussi de donner un peu plus d’information sur leur objectif et sur leur école dans le domaine des services numériques.
Cet atelier a été l’occasion d’échanger et de pouvoir écouter les différents problèmes des écoles supérieure en ce qui concerne les IT.
Tous ou presque parlait de email, serveurs, de postes de travail et de logiciel ou plateforme et .. de budget alors que la production du savoir a graduellement davantage à voir avec la compétitivité économique et y est plus directement liée.
Ce qui a fait dire à Youcef Amghar que «des pressions croissantes s’exercent sur les établissements d’enseignement supérieur et de recherche des pays industrialisés pour qu’ils définissent et affirment leur nouveau rôle au sein du système national d’innovation. Il faut être productif car il y a une compétition mondiale entre les établissements… sans oublier la pression technologique. » Il ajoutera que tous les étudiants et les enseignants et les personnels administratifs sont pourvus d’un service de messagerie, de capacité de stockage, d’un espace commun et d’un agenda.
Cartographier les processus
Connaissant parfaitement le système universitaire algérien, Mouloud Koudil, directeur de l’ESI dira que «nous devons, au préalable, cartographier l’ensemble des processus d’un établissement en vue d’une bonne gouvernance du numérique et d’un pilotage efficace». Et qui dit gouvernance numérique parle automatiquement de la création d’une direction des systèmes d’information –DSI- au sein de chaque établissement car cette dernière est indispensable à une transformation numérique. En effet, le directeur de l’ESI dira que «ce poste qui n’existe pas dans la nomenclature des postes des écoles» tout en ajoutant que «généralement c’est un enseignant qui fait office de DSI à titre bénévole».

Le DSI kesako?
Le directeur des systèmes d’information (DSI), ou directeur informatique (DI), parfois directeur de l’organisation et des systèmes d’information (DOSI) ou encore plus récemment directeur des systèmes d’information et du numérique (DSIN) d’un établissement universitaire est responsable de l’ensemble des composants matériels (postes de travail, serveurs, équipements de réseau, systèmes de stockage, de sauvegarde et d’impression, etc.) et logiciels du système d’information, ainsi que du choix et de l’exploitation des services de télécommunications mis en œuvre. Dans le cadre de la transformation numérique, la DSI va aussi prendre en charge l’innovation et les services numériques dans une logique d’orientation et de parcours numérique.
La gestion de l’information prenant une part de plus en plus grande dans les affaires, le poste de DSI est devenu stratégique, bien que souvent considéré comme étant un centre de coûts. Typiquement, il rend compte au directeur général et fait partie de la direction générale (généralement membre du comité de direction). La numérisation, la mondialisation, l’ère de l’information et l’essor de l’économie du savoir transforment profondément les modalités d’acquisition, de diffusion et de transformation du savoir. Accompagnateurs du changement, les DSI doivent se montrer à l’écoute des nombreux métiers de leurs universités, faire tomber les obstacles, jongler avec les applications et s’adapter aux évolutions permanentes des réglementations sans oublier une meilleure prise en compte de la maîtrise du risque sur l’ensemble des composantes du SI.

Mail, hébergement et sécurité des données
Au cours du tour de table des responsables d’établissements universitaires, certains ont parlé de serveur email, sécurité des données, d’autres d’espace de stockage et d’autres encore de connexion internet. « S’il y a des problèmes de sécurité, il y a aussi des solutions » dira Youcef Amghar tandis que le directeur de l’Esi dira que « il y a des produits pour les serveurs email qui sont gratuits ». D’un autre côté, le professeur Amghar ajoutera que « c’est l’écosystème qui crée la dynamique » avec au préalable une prise de conscience et une démarche claire.
Revenant sur un comité de pilotage, Mouloud Koudil dira que « la mise en place d’un référentiel unique et utilisable par tous. » car il faut veiller à ce que les applications concordent, ce qui mène naturellement à bousculer l’organisation des établissements, avec la définition de procédures, de règles, de processus. Une telle action ne va pas sans réticences, d’où l’importance du comité de pilotage, qui engage le plus haut niveau politique de l’Université. C’est dire si la tâche est gigantesque. Cela demande aussi un grand sens politique et l’art de communiquer.
Il est clair qu’il va falloir créer et mettre en place ce poste de DSI dans chaque établissement universitaire pour permettre une numérisation dans de bonnes conditions. Mais ce n’est pas tout, il faut aussi cartographier les processus pour analyser chaque système d’information selon 3 axes: organisationnel, fonctionnel/métier et technologique. Elle permettra, aussi, de mesurer les forces et faiblesse de chaque école ainsi que l’effort à mettre en œuvre pour déployer la dématérialisation de certain processus. De plus, il va de soi, que toutes les écoles ne peuvent pas être au même niveau car chaque école a ses spécificités mais il faut doter les établissements d’un schéma numérique avec la force d’un schéma directeur.
Grâce à la participation d’experts ainsi qu’un ensemble d’études empiriques, d’exposés théoriques et des études sur les systèmes d’information de l’INSA ont été quantifiées et de nouvelles avenues de recherche sont proposées.
La fonction de directeur des systèmes d’information est peu repandue dans les universités. Pour apporter de la cohérence dans cet univers où prévaut l’autonomie, les précurseurs, à l’image de l’ESI, qui y jouent ce rôle s’appuient sur des comités de pilotage forts. Et s’attellent à la conduite du changement.

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