Dans cette interview exclusive réalisée en marge d’une visite guidée au sein des nouveaux locaux de Djezzy à Dar El Beida, Matthieu Galvani aborde le travail dans l’Open Space, l’ambition technologique, le MedCable, le partage d’infrastructures, le soutien aux startups et les solutions numériques sur lesquelles l’entreprise est en train de travailler dans le cadre du DBSS et de la nouvelle Djezzy.

IT Mag : Merci pour la visite de vos nouveaux locaux. J’ai été fortement impressionné par cette transparence. Je voudrais que l’on entame cet entretien par les ressources humaines qui est un élément critique pour un opérateur télécom. Pourriez-vous nous donner quelques chiffres, mais aussi nous préciser les taux du genre, mais aussi de la formation et compétence.

Mathieu Galvani en conférence de presse

Matthieu Galvani : Aujourd’hui, pour ce qui est du genre nous sommes à 60/40. Soit 60% de notre effectif sont des hommes et 40% des femmes. Il faut tout de même savoir qu’il y a 2 ans, nous étions à 70/30 et notre objectif c’est de revenir à un taux de 50/50.
Il faut savoir qu’une entreprise ce sont des hommes et des femmes. Quand on a une entreprise équilibrée en genre et en compétence, on arrive à une bonne entreprise bien équilibrée qui fait du bon travail. Dans une entreprise techno comme Djezzy, nous avons besoin de beaucoup d’expertise, nous avons également besoin de seniors qui encadrent des juniors, quelles que soient les compétences, quel que soit le domaine. Cela va du code à la gestion.
Il nous faut des jeunes qui ont la sensibilité, mais aussi des seniors pour le management. Parce que ces derniers ont un historique de Djezzy et ils détiennent les clefs pour aller là où on veut y aller.
Pour ce qui est de la compétence, quasiment tout le monde est universitaire, mais ils ne viennent pas tous avec le même cursus. Nous avons beaucoup d’ingénieurs, car nous sommes avant tout une compagnie techno et nous avons aussi des spécialistes en RH, mais aussi en marketing. Nous avons des juristes et des gens qui sont littéraires et scientifiques. Ils ont la particularité d’avoir au moins fait une licence en fonction des jobs qu’offre l’entreprise.

Le siège de Djezzy est complètement changé et différent de ce qu’il était avant, pourquoi ? et quel bur poursuivez vous?
Notre nouveau siège est totalement diffèrent de ce que vous pouvez voir ailleurs. Tout est ouvert, transparent. Nous sommes déjà dans l’espace de Djezzy de demain. Ce que je peux vous dire c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui travaillent dans un espace pareil en Algérie et dans toute la région. Nous ne sommes plus attaché au mode bureau fermé. Vous ne trouverez pas un bureau fermé ni une salle de réunion opaque. Aucun endroit où l’on peut s’enfermer à l’abri des regards de qui que ce soit. Nous sommes dans un environnement qui est complètement ouvert et modulaire. De plus, personne n’a de bureau prédestiné. Tout le monde peut quasiment s’assoir là où il veut. Par contre, tout le monde est regroupé par thème. On ne peut pas se permettre de chercher quelqu’un partout. Par exemple ; on sait qu’au 3è étage nous avons tous les gens qui travaillent dans les IT : Ceux qui gèrent la partie implémentation des produits et des offres et aussi la partie technique du DBSS. Nous avons aussi d’autres départements, par exemple au 6éme, ce sont les gens du marketing.

L’open space a-t-il positivement influé sur la façon de travailler ?

Mathieu Galvani lors de l’entretien

Ce que nous avons constaté, c’est le fait que nos espaces soient ouverts a fait que l’on utilise moins d’email. On a été victime de la culture d’email. Pour un oui ou un non, on s’envoyait un email. Aujourd’hui on s’envoie de moins en moins d’email. On se parle, on est revenu dans un espace normal. La Techno, l’email et les messageries sont là pour faire passer des informations, mais ce n’est pas un substitut à la communication.
Plus on rentre dans l’hyper technicité et la technologie, plus on a tendance dans la société d’aujourd’hui à se retrancher dans «la société d’email» et dire «je t’ai envoyé un email » donc j’ai fait mon travail. Le seul moyen pour tuer cela est de rentrer dans un nouveau mode de communication.
Aujourd’hui, si on doit se parler, on ne se téléphone pas. On n’envoie pas un email, on se déplace vers la personne. Regardez autour de vous, il y a quoi 15 à 16 m qui nous sépare de ce groupe. Cela me pousse à me déplacer et le voir pour parler de mon sujet ou du problème à résoudre. D’ailleurs si je parle fort, le groupe à côté de nous m’entend. Avec cette façon de faire, il y a énormément de choses qui avancent. De plus, chez Djezzy, les titres ne sont pas des positions sociales, mais des rôles dans l’entreprise ou des responsabilités. Ce n’est pas un grade dans l’entreprise. N’importe qui peut venir me voir et je peux moi aussi aller voir tout le monde. Et c’est comme cela dans l’intégralité de l’entreprise.
Quand on a quelque chose à régler, une idée ou un problème plutôt que de le laisser s’empiler quelque part dans le bureau, on va voir la personne ou on se regroupe immédiatement dans ces espaces ouverts et il y en partout.

Est-ce qu’on s’habitue facilement à ce mode de fonctionnement ?
En termes d’efficacité, d’agilité on gagne énormément. On était face à un pari quand on a dessiné cela. D’ailleurs, beaucoup de gens nous ont dit que cela ne fonctionnera jamais. Aujourd’hui, cela fonctionne et vous l’avez vu lors de notre visite. Ce que vous pouvez remarquer c’est qu’il n’y a plus de sonnerie de téléphone, ni que des gens qui parlent fort bien que l’acoustique est bien gérée. Avec ce nouveau siège, culturellement tout a changé. Les gens travaillent d’une nouvelle manière. C’est cela qui fait la force de Djezzy de demain c’est tout ce que l’on est en train de faire. Ces nouvelles personnes qui travaillent avec cette nouvelle culture, c’est cela qui fait la nouvelle marque Djezzy et c’est ce que voit les gens de l’extérieur, car ce qui se fait à l’intérieur se voit à l’extérieur. Ce type d’espace est très simple. C’est très simple, toutes les entreprises peuvent le faire, ce n’est pas compliqué, mais il ne faut pas prétendre le faire, il faut le faire. Nous sommes une entreprise techno et toutes les entreprises Internet dans le monde travaillent comme cela.

Vous vous êtes fait aider par une agence de conseil ?
Non. Personne. Nous avons derrière nous le savoir-faire du groupe Veon qui travaille comme cela et qui a instruit toutes ses filiales d’adopter ce mode de fonctionnement. On s’y est mis. Nous avons fait les designs. Nous sommes dans la culture Internet. C’est comme cela que travaille l’ensemble des géants du Net. Nous ne pouvons pas prétendre et dire que nous travaillons dans l’internet et continuer de travailler avant comme une société telco classique.

Avec vos dernières offres, nous avons l’impression que vous êtes plutôt devenu un ISP auquel on a ajouté de la voix mobile
Nous ne cherchons plus à être une société telco, mais nous sommes une société techno. Oui nous sommes un acteur de l’Internet et nous sommes un provider de l’internet à haut débit mobile.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vos chiffres d’affaires avec cette dualité voix et Internet
Nous sommes sur les mêmes tendances mondiales. Nous sommes en train de nous transformer. Au niveau mondial, au cours de ces 5 et 6 dernières années, les revenus voix de tous les opérateurs dans le monde ont été divisés par 2 et les revenus de la data on augmenté de 30% et les prix ont chuté.
Les opérateurs telco font face à une transformation culturelle de leurs revenus et leur chiffre d’affaires. C’est extrêmement rapide. Pour Djezzy, ces dernières années, les revenus de la data ont plus que triplé ou quadruplé, mais nous avons perdu en termes de revenus dans la voix. Le revenu de la voix diminue et subie une érosion assez lente. Djezzy possède près de 16 millions de clients dont 8 millions font uniquement de la voix. Nous avons également près de 8 millions de clients qui utilisent de plus en plus de data et très peu de voix. Donc, nous mettons plus de capacité de data dans la 3G/4G que sur la voix classique.

Mais cela vous change complétement votre business plan. De plus, vous devenez plus une société Internet. Comment faite vous pour la bande passante?

Djezzy a investi dans un actif qui existe qui est le MedCable. Aujourd’hui, le MedCable est là dans l’eau et qui dort car nous ne sommes plus autorisés à faire usage de la partie internationale depuis 2009. Mais, nous pouvons le remettre en service en l’espace de 10 jours et nous avons besoin pour cela d’un décret ou d’une autorisation.
Aujourd’hui on achète notre bande passante internationale à Algérie Télécom alors que nous avons un actif qui est là et qui disponible pour toute l’Algérie. C’est un câble en fibre noir. Nous avons de la capacité dans cette fibre qui permet d’y faire passer tout le trafic dont a besoin l’Algérie en une journée.
Une fois mis en marche, on peut l’accommoder. Nous aurons de la capacité excédentaire. Cela veut dire qu’aux heures chargées, nous pouvons faire passer plus de débit. Nous ne demandons juste à utiliser la partie qu’on peut et Algérie Télécom peut utiliser la partie excédentaire. Nous n’avons aucun problème pour cela pour peu qu’on puisse discuter avec les autorités compétences de toutes les possibilités qui permettraient de remettre en marche cet équipement.

Vous êtes prêt à mettre à la disposition d’Algérie Télécom, le MedCable ?
Nous sommes prêts à regarder toute les pistes possibles et imaginables, mais ce que l’on voudrait c’est avoir la capacité d’utiliser au moins ce dont nous avons besoin. Cela va nous permettre de baisser nos couts de production et de baisser les prix.
Vous êtes prêt à la mettre à la disposition d’Algérie Télécom gratuitement ?
Ce que je dis est que cet équipement sur lequel Djezzy a investi plusieurs millions de dollars est d’abord à la disposition de l’Algérie. On ne peut pas l’ignorer. Il peut rendre service. Pourquoi ne pas l’utiliser aujourd’hui. Ce sera bon pour l’Algérie, pour les opérateurs et les consommateurs. Tout le monde y gagne. C’est une décision économique qui fait du sens pour l’Algérie, pour le secteur et pour le consommateur.

Avez-vous fait des démarches pour cela ?
Oui. Nous avons entrepris et fait toutes les démarches nécessaires et nous avons déclaré que nous étions ouverts à envisager tous les cas de figures imaginables pour utiliser cette ressource qui dort. Nous sommes prêts à la partager. Nous n’avons aucun problème. Nous voulons mettre cet actif à la disposition du pays. Dix jours et nous doublons la capacité de la bande passante internationale.
Si nous regardons, nous voyons le SMW4 qui tombe en panne en permanence et le Alpal 2 qui est extrêmement vétuste et très cher. Le MedCable est une solution supplémentaire en attendant l’Orval. Le MedCable peut prendre le relai. Pourquoi ne pas s’en servir ?

Avez-vous d’autres solutions pour faire baisser les prix pour votre consommateur ?
Oui. Le Ran-sharing ou le partage d’infrastructures. Les opérateurs mobiles ont des obligations de couverture qui sont énormes. Il y a dans ce grand territoire des endroits caractérisés par une faible densité humaine ou des routes à faible fréquentation. Au lieu que les 3 opérateurs aillent faire le même investissement en devise et payer 3 fois le même fournisseur chinois ou européen, n’avons-nous pas intérêt à faire une fois l’investissement et à se partager l’infrastructure active ? Je ne parle pas de sites ou du réseau. On peut même voir et explorer le Roaming national. Le Ran-sharing est un futur pour l’Algérie, mais aussi un enjeu stratégique.
Le Ran-sharing permettra aux opérateurs d’offrir plus et faire monter la capacité de consommation du pays. De plus, il permet aux clients de consommer encore plus et encore moins cher. Tout le monde est gagnant : l’État, le consommateur et l’opérateur.
Ne pas mettre sur le marché un câble en fibre optique qui dort c’est réduire la force et la capacité d’investissement de Djezzy. Car pour nous, c’est important investir, mais aussi avoir des temps de retour d’investissement qui peuvent être plus court pour avoir la capacité de faire baisser les prix pour le consommateur.
Si ces décisions étaient prises, on pourrait investir plus et baisser les prix encore plus et créer encore plus de recettes fiscales. On est sur un phénomène économique complètement vertueux et le ralentissement de ses dossiers risque de produire l’effet inverse.

Où en êtes-vous avec le déploiement de la 3G et la 4G?
Nous sommes en plein déploiement. Pour la 3G, nous sommes 75% en termes de couverture de la population et 25% de couverture pour la 4G. Nous sommes en train de parler des extensions. Il faut savoir que les 3 réseaux couvrent l’Algérie à 100% en voix.
Mais il va falloir continuer à investir en 3G et 4G et on doit couvrir là où il n’y pas de 3G et de 4G. Nous ne voulons pas nous soustraire aux obligations de la licence, mais pour certaines zones où cela fait sens, le partage d’infrastructures sera nécessaire pour être capable de mettre plus vite la 3G/4G à la disposition des clients.
De toute façon aujourd’hui nous n’y sommes pas. Plus vite on fait cela et plus vite on y sera plus il y aura des gens couverts. Plus il y aura des gens couverts en haut débit mobile plus on va créer une valeur économique. Plutôt que les 3 acteurs fassent le même site au même endroit, on partage un site ou une zone à couvrir. Nous ne sommes pas en train de parler de zones denses de population, mais des zones très peu densifiées. Il fallait un pilote à grande échelle et nous l’avons fait. Nous avions un pilote sur 1000 sites de ran-sharing avec Ooreoo. Nous étions dans l’évaluation de ce pilote pour prouver que cela fonctionne bien et savoir s’il était équilibré. Mais, nous n’avons pas pu continuer car nous avons reçu une décision d’urgence pour arrêter cela. Nous avons donc dû rapidement installer 500 sites. On a enrichi les équipementiers de 20 millions de dollars en devise étrangère. Sur une simple décision alors que ces 20 millions de dollars auraient pu être investis pour étendre le réseau. Par exemple, si on a un site en partage dans la banlieue sud d’Oran, il fallait immédiatement le remplacer. Nous ne pouvons pas nous permettre de bloquer notre client.

Quel est d’après vous le rôle de Djezzy sur le marché?
Notre vision c’est de devenir la première entreprise technologique en Algérie et préparer le digital de demain. Aujourd’hui, il y a un certain nombre de choses que l’on peut faire grâce à l’accès à internet. Demain, lorsqu’un certain nombre de réformes en cours de discussion en ce qui concerne le paiement mobile seront réalisées, il y aura un certain boom économique qui va être créé par le fait que chacun avec son mobile peut proposer quelque chose. Cela nous l’avons vu dans toutes les économies. L’Algérie connaitra également la création de nouveaux métiers ainsi que de nouvelles activités dans son tissu industriel.
L’accès à l’internet grâce à la 3G/4G permet à quelqu’un, par exemple de Tindouf, d’avoir accès à l’information comme quelqu’un qui se trouve à Boston. Le nombre de gens qui apprennent sur Internet tout seul est stupéfiant. On constate que nous avons beaucoup plus de downloads que de l’upload. Demain, cela va se rééquilibrer.
Les gens vont uploader de la créativité, des offres, des ventes ou du service. Par exemple, moi j’ai une mobylette à Alger et je peux avec une application via une plateforme Djezzy me transformer en livreur et m’ouvrir une compétence et être payé sur mon mobile. Du coup, je vais devenir un agent économique. Tout cela peut être fait par la capacité de pouvoir payer et recevoir l’argent via le mobile. L’infrastructure des banques est prête et les opérateurs sont prêts.

Est-vous prêt pour l’économie numérique ?

Dès que la décision sera prise, on veut aller vers le mobile paiement et nous nous voyons comme un acteur et pas uniquement un tuyau. Nous pouvons héberger sur nos plateformes tous ceux qui veulent mettre à disposition une offre pour nos 16 millions de clients et plus. Nous sommes en train de préparer un cadre ou Marketplace qui existe dans d’autres économies. Si vous avez quelque chose à vendre ou faire connaitre ou à fabriquer ou à livrer vous pouvez vous enregistrer sur notre Marketplace et commercialiser auprès de 8 millions de clients qui ont des smartphones ainsi que 2 millions qui utilisent notre application Djezzy pour faire du self care. Nous pouvons faire plus de manière géographique et géo localiser les offres. Trouver des clients n’est pas facile.
Par exemple, je cherche une gaine pour mon chauffage, avec la Marketplace je pourrais la trouver chez un commerçant le plus près de chez moi. Je peux contacter cette personne, commander, payer et voir un livreur pour me la livrer chez moi. Tout le monde en profitera, l’économie boostée et les recettes fiscales augmentées.
La raison d’être des réseaux de télécom est de proposer cette convergence entre la téléphonie et l’économie numérique et nous sommes en train de nous dimensionner pour cela. Nous avons fait notre révolution en interne et nous sommes prêts pour demain. Nous l’encourageons par nos investissements. Nous sommes prêts, car une fois la décision prise, nous n’avons pas besoin de construire, nous avons déjà anticipé cela, car nous avons confiance en le FNI et Veon et dans le futur de l’économie algérienne. Nous savons ce qui va arriver, nous sommes prêts et notre devoir c’est de l’accompagner.

On se rend compte aujourd’hui qu’il y a beaucoup de plaintes en ce qui concerne les réseaux mobiles. Qu’en pensez-vous ?
Nous avons un régulateur qui fait très bien son travail et qui mesure le niveau de la qualité de service des 3 opérateurs. Dans son ensemble, il offre une bonne qualité de réseau pour la voix.
Pour la data, cette qualité est proportionnelle aux investissements qu’ils font. Djezzy a investi 30 milliards de dinars en deux ans sur les réseaux pour garantir la meilleure vitesse possible en couverture 3G/4G dans n’importe quel endroit où l’on se trouve. Nous avons une excellente qualité de service pour la 3G/4G, car nous avons en moyenne 7 à 8 mégas pour tout client. Maintenant il y a des gens qui voudraient que la couverture arrive chez eux rapidement. J’en reviens Ran-sharing qui peut permettre d’atteindre cela. De plus, s’il y a un goulot d’étranglement dans la bande passante internationale, l’accès est saturé et c’est l’intégralité du pays qui aura une bande passante réduite d’où notre point de vue sur le MedCable.
Il y a aussi des cas isolés. Par exemple, Alger centre reste très complexe. Nous sommes sur une géographie où les immeubles sont rapprochés et nous sommes obligés de rajouter de la capacité très chirurgicale. Nous observons toutes les demandes et nous priorisons nos investissements là où il y a une forte demande et une forte capacité. Si les 3 opérateurs mobiles rationalisaient leurs investissements, ils investiraient encore plus là où nous aurions besoin de capacité et de débit.
Enfin, on trouvera toujours un client sous couverture dont il faut résoudre un problème, mais globalement chez Djezzy nous avons une excellente couverture avec une bonne qualité de réseau. On ne plante pas un site sur les 48 wilayas pour dire que l’on couvre une wilaya. Lorsque nous couvrons une zone, nous nous assurons qu’elle est bien couverte.
Un réseau ça vit et ça s’optimise en permanence et à la fin c’est le consommateur qui regarde là ou sa passe et là où ça ne passe pas et il donnera sa consommation là où ça passe. Le dernier juge, c’est le consommateur. Pour ce qui est des plaintes, chez Djezzy elles sont très localisées et on les gère immédiatement.

Vous avez un incubateur de startup a poly Tech, pouvez-vous nous en dire plus
Nous sommes en train de revoir la stratégie par rapport à cela. Nous voudrions un incubateur de startup par région. Nous ne voulons pas tout centraliser à Alger, bien qu’Alger soit une zone importante.
Nous avons la possibilité sur Oran et Constantine et nous sommes en train de regarder pour voir si on peut accueillir dans nos locaux un incubateur. De plus, sur le plan technique, les startups savent faire, mais nous sommes sur une piste de réflexion pour les accompagner surtout dans la gestion. Je voudrais leur mettre des anges gardiens en termes de savoir-faire business. Il y a des startups qui savent exactement techniquement ce qu’il faut faire.
Cela nous booste et on voudrait des startups dans nos locaux qui ont cet esprit. Nous avons la capacité de les accompagner et nous leur donnons de la valeur aussi que ce soit en expertise financière et en bonne pratique de gouvernance. Nous avons remarqué que des startups ont démarré rapidement, grossi et ont échoué parce qu’elle n’avait pas de bonne pratique de management. Pour cela, nous aimerions les accompagner, car elles ont de super produits, de très bonnes idées, mais elles ont des lacunes pour le management.
Comment peut-on les accompagner réellement ? Nous leur apportons de la rigueur, du management et en gestion de la techno. Elles nous apporteront leur esprit d’entreprise et leurs créativités. Nous avons besoin de cela. Et si on se mélange, nous aurions cela. Et nous ne le faisons pas uniquement à Alger et pourquoi cela n’arriverait-il pas à Annaba Oran Bechar ou ailleurs.
De plus, la startup ne doit pas réfléchir toujours à des produits hyper complexes, elle doit réaliser un besoin ou une demande. Nous allons faire un test sur l’ouest, l’Est, le Centre et le Sud et voir comment cela évolue et si cela marche nous continuerons dans cette voie.

Nous avons fait une visite auprès de vos équipes de développement et de codage en interne. Qui sont ils?
Ce sont des ingénieurs algériens qui ont gagné un concours international de codeur chez VEON avec toutes ses filiales avec comme thème principal «créativité digitale».
Ces ingénieurs sont revenus avec des idées formidables et aujourd’hui on est en train de tuer les processus papier de Djezzy et de créer avec ces gens-là notre propre interface pour se gérer. Je prends un exemple des procédures d’autorisation de consommation de consommable ou de déplacement qui se faisait avec une tonne de papiers et de signatures. Aujourd’hui, ils se font en digitale sur une plateforme que nos équipes sont en train de formaliser. Les gens valideront depuis leur smartphone ou PC. Du coup, il sera relié à notre système de gestion Oracle et au DBSS. On est en train de devenir plus léger. Nous sommes en train de faire diminuer les couts de l’entreprise surtout que le secteur fait face à une énorme pression fiscale. La réduction des couts et des charges dans l’entreprise, qui s’inscrit dans le cadre de notre programme de transformation digitale, va nous permettre de baisser les couts de production et par conséquent à baisser les prix de nos offres et services.

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