«Dans un monde où tout change, le plus grand risque est de rester immobile.»

C’est une observation bien connue : tous les 100 ans environ, on voit une vague d’innovation accélérée qui bouleverse tout. Cela a commencé avec l’émergence du charbon et de la machine à vapeur. Puis vers 1860, ce fut l’introduction de l’électrification, et 100 ans après nous avons vécu la naissance de la révolution des ordinateurs et des communications.
Chacune de ces révolutions industrielles majeures a causé d’énormes perturbations, mais a également présenté d’énormes opportunités pour ceux qui étaient prêts pour en profiter. Nous n’avons pas encore atteint 100 ans depuis la 3ème révolution industrielle, mais il devient évident que nous sommes déjà à l’aube de la prochaine grande révolution industrielle. Nous naviguons encore dans l’ère de l’Internet ; d’ailleurs à ce sujet, un collègue disait il n’y a pas longtemps : «Si Internet était un film, alors nous sommes encore au stade du générique du début». Ce qui est clair, c’est que la 4ème révolution industrielle représente la prochaine occasion, non seulement pour rattraper le retard, mais aussi pour réaliser un saut en avant ; et ceux qui ont la possibilité pourront changer les règles du jeu à nouveau. C’est justement l’enjeu des batailles actuelles.
Bien entendu, il y a aussi un côté «sombre» dans les évolutions technologiques, sociales et économiques actuelles. Des incidents nous ont rappelé récemment que beaucoup d’aspects de cette nouvelle ère génèrent des inquiétudes.
Nous lisons tous les jours sur la cybercriminalité qui sévit. Habituellement, ce sont les grands noms qui font ‘La Une’, lorsqu’ils subissent une perte de données sur les clients par exemple. Mais ce ne sont pas seulement les grandes entreprises qui sont exposées à ce risque. Selon Microsoft, 20% des petites et moyennes entreprises ont été la cible de la cybercriminalité. L’augmentation de l’empreinte numérique de l’entreprise – par exemple grâce au déploiement de nouveaux appareils intelligents – augmente aussi la surface potentielle de vulnérabilité.
Il y a également l’inquiétude concernant les emplois actuels, qui sont de plus en plus menacés par la montée des Robots et de l’Intelligence Artificielle. Ce fut aussi le cas durant les siècles passés, lorsqu’on s’inquiétait sur l’impact qu’aurait la technologie sur l’emploi dans le secteur du textile, par exemple.
Et enfin, il y a la législation qui a souvent du mal à suivre le rythme rapide des évolutions technologiques, ou des modèles d’affaires ; ce qui ne peut que conduire au désastre dans le cas de l’anarchie totale, sinon engendrer des frustrations et même des frictions face à l’interdiction.
Alors que les titres sont souvent sensationnels, il y a beaucoup de vérités sur les risques que nous devons comprendre lorsque nous nous lançons dans un projet de transformation. Ceci dit, il n’y a pas de récompense sans risque. L’approche pragmatique étant de se préparer et d’atténuer le risque autant que possible.
Au niveau de la Société, nous ne pouvons pas faire l’économie d’un débat responsable autour de questions clés comme la sécurité publique, l’impact social, la protection de la vie privée, et l’adaptation du système fiscal. Nous pouvons ne pas être d’accord avec tout, mais en embrassant le changement, nous avons plus de chances d’influencer l’évolution et le devenir de certains concepts, voir même de les apprivoiser.
Parce que justement, il y a le risque de ne rien faire ; ne rien faire et attendre…
Attendre et voir ce que font les autres, en espérant qu’ils se trompent. Parfois, ils se trompent effectivement…, ce qui leur permet d’apprendre plus vite que nous. ‘’Ne rien faire’’ n’est pas vraiment une option, car dans un monde où tout change, le plus grand risque est de rester immobile.
Le cimetière d’entreprises est jonché de grands noms qui, à cause de l’inaction, ont été marginalisés, puis se sont éteints. C’est une période de darwinisme numérique – une ère où la technologie et la société évoluent plus vite que ce que peuvent faire naturellement les entreprises ou les gouvernements pour s’adapter.

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