Se rendre chez Bomare, c’est voir le développement d’un industriel algérien dans le domaine de l’électronique. Ali Boumediene, son patron est comptable de formation, mais entrepreneur dans l’âme. «J’ai commencé par importer des produits et les revendre en Algérie». Au fil du temps, il commence à fabriquer, en 2001, des produits en Algérie, en même temps qu’il lance sa marque «Stream system . Aujourd’hui, Bomare c’est une société avec un capital de 6 millions d’euro qui fabrique des produits électroniques – télévision, écran géant pour la publicité, smartphone, tablette, démo satellite et dernièrement des smartphones LG. Manager différent des autres gestionnaires d’entreprise, Ali Boumediene tranche par sa façon de faire. Il veut devenir un fabricant de produits électroniques, mais aussi être une plateforme pour développer un écosystème. Nous avons voulu en savoir plus. Écoutons-le !

Bonjour. Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs, tout d’abord Bomare et ensuite c’est quoi Stream System ?

Bomare est une société qui a été créé en 2001 pour la fabrication de produits électroniques. Stream System est une marque de Bomare qui nous permet de commercialiser nos produits. Nous fabriquons des télévisions, des smartphones, des tablettes, mais aussi des écrans de grandes dimensions pour les espaces indoor ou outdoor, essentiellement utilisé pour la diffusion de la publicité.

Mais alors que vient faire ici LG chez Bomare ?
Nous avons approché LG, il y 3 ans, pour pouvoir fabriquer en Algérie les téléviseurs. C’est ce que nous avons fait. Nous nous sommes mieux connus. LG a permis de connaître Bomare et Bomare a permis de savoir qui est vraiment LG. Nous avons bien travaillé dans le cadre des téléviseurs. Nous voulions aller encore plus loin et nous leur avons proposé de monter des smartphones LG dans notre usine à Birtouta. Nous nous sommes alors mis en marche pour la mise en place d’une ligne de production pour LG tout en gardant notre ligne de production Stream system, que vous avez vu de vos propres yeux, il y a quelques jours. Les produits LG commencent à sortir de nos chaînes d’assemblage. Pour cela, nous avons fait de gros investissements en matériels, en salles blanches et ressources humaines et formation.

Est-ce que cela voudrait-il dire que vous abandonnez votre marque Stream System
Mais pas du tout. Au contraire, nous allons l’améliorer, car elle s’adresse à un segment de marché précis. L’autre chaine de montage qui fabrique des smatphones LG s’adresse, elle, à un autre marché.

Est-ce que LG vous autorise à exporter vos produits fabriqués à Birtouta ?
Oui. C’est ce que nous avons signé dans les contrats. Mais pour le moment, c’est le marché algérien qui nous intéresse. Une fois que nous allons atteindre le niveau que nous nous sommes fixé, nous allons aller vers l’export avec les produits LG. Je vous rappelle que Bomare exporte déjà depuis 2015 des produits Stream System pour le Portugal et l’Espagne pour une valeur de 50 millions de dollars. C’est un contrat sur 5 ans. Pour cela, nous avons installé deux centres de maintenance et service après-vente pour nos produits Stream System dans ces pays. Nous comptons aller plus loin en Europe, vers la France et l’Italie, mais aussi vers l’Afrique pour laquelle nous avons fait plusieurs visites commerciales. Il faut savoir que nos produits Stream Système sont estampillés Besma El Djazair, mais aussi que nous sommes ISO 9001 (version 2008), RoHS 18001 (version 2007) et que nous sommes en plein dans le ISO 14001 (version 2015). Nous avons donc toutes les conformités pour aller attaquer le marché européen et africain.

Mais pour être rentable et fiable, il vous faut augmenter votre taux d’intégration ? Comment allez-vous vous y prendre ?
Votre question est aussi notre question. Nous y avons réfléchi longuement. Il faut créer un écosystème et quoi de mieux que l’université. Notre stratégie est de susciter la création de startups dans le domaine de la fabrication électronique. Et dans ce cadre, Bomare avec Universal Instruments, un fabricant américain de machines d’insertion automatique de pièce électronique, ont offert à l’université de Blida, une solution complète avec la maintenance, les consommables et l’aide à son développement. En plus de cela, nous avons offert deux formations aux États-Unis à l’université de Blida pour mieux travailler avec ce type de machine qui demande un certain niveau de qualification et de connaissance.
De plus, en mettant en place cette chaine d’insertion automatique, il y aura certainement la création d’entreprises qui pourront nous faire des ensembles ou des cartes électroniques qui seront notre matière première, ce qui fera augmenter mathématiquement notre taux d’intégration. Et deuxièmement, les ingénieurs qui sortiront de cette université seront formés sur le matériel que nous utilisons dans notre usine.

Cela vous permettra d’aller ailleurs ? Dans d’autres créneaux : automobile, énergie verte, aviation…
Exactement. Les étudiants, avec leurs créativités, peuvent innover et nous sommes là pour industrialiser leurs trouvailles. Nous sommes à l’écoute. Il va de soi que Bomare regarde avec attention la demande d’autres secteurs comme le médical, l’automobile, le renouvelable et l’aviation par exemple.

Lors de votre passage à l’Université de Blida pour la mise à disposition d’une unité d’insertion de composant, vous avez dit que vous êtes prêt à ouvrir le capital de Bomare. Qu’en est il exactement ?
Effectivement et je confirme que Bomare est prête à ouvrir son capital pour un chercheur ou un innovateur qui a une très bonne idée. Je m’explique. Si un chercheur ou un innovateur a une très bonne idée, Bomare est prête à ouvrir son capital pour ce chercheur ou innovateur. Cela lui permettra, peut-être, d’être sécurisé et de pouvoir vraiment réfléchir profondément à son invention. Nous voulons créer un écosystème qui puisse grandir et réaliser de très grandes choses car pour l’industrie nouvelle il faut des compétences nouvelles comme les opérateurs, techniciens, ingénieurs, ou encore managers de l’industrie du futur. Bomare place l’Homme au cœur de son projet et entend adresser cette problématique sociétale auprès d’un large public : jeunes, étudiants, salariés, pouvoirs publics et entreprises. En effet, l’impact de la digitalisation de la chaîne de valeurs sur l’organisation du travail suscite de nombreux débats et analyses. Pourtant ce sont bien l’adaptation, la création et l’innovation dans l’offre qui resteront la clef pour la réussite de l’industrie du futur.

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