Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, est décidé plus que jamais à accélérer le processus de modernisation et d’amélioration des services offerts aux citoyens. Pour lui, l’enjeu est important et il s’agit d’éviter de rester au stade d’effet d’annonce. Pour aller plus loin, il faut bousculer les mentalités. C’est le message qu’il a délivré en inaugurant récemment l’unité de production de titres et documents sécurisés qui se chargera de la confection des permis de conduire et plaques d’immatriculation biométriques électroniques. L’administration électronique est en marche et le prochain challenge est d’aller vers le guichet électronique unique et la commune électronique. Indéniablement, ce ministère est l’un des plus engagé dans cette bataille avec le ministère de la justice et à un degré moindre celui du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale. Les autres ministères suivent de loin, de très loin. Certains sont spectateurs ! On a parfois l’impression qu’il ne s’agit pas d’un même gouvernement. «Les Algériens se sont approprié rapidement les technologies, ils connaissent Twitter, Instagram, YouTube, alors que nos décideurs sont sur une autre planète, ils continuent à réfléchir comme dans les années 1970. C’est une bataille illégale entre les jeunes accros aux technologies et qui suivent les évolutions de manière permanente et les décideurs qui ne connaissent pas les TIC et, plus grave, sous-estiment leurs capacités», me lance un ami.

En 2017, l’Algérie numérique ne tient encore qu’à… un câble sous-marin. Au moindre problème, le réseau Internet est sinon coupé, du moins fortement perturbé. Quand on parle d’économie numérique, on parle de services électroniques et, dans ce cas, il est primordial de s’assurer que la connexion est bonne. Vous imaginez le ministère de la Justice offrant un service auquel les citoyens ne peuvent pas accéder. Une banque a besoin aussi d’une connexion fiable pour que le commerçant puisse y accéder pour faire ses virements. Dans les cybercafés où les jeunes veillent jusqu’au milieu de la nuit pour chatter ou se livrer à des jeux en ligne, les habitués sont désemparés. «J’ai l’impression d’être revenue à la préhistoire», ironise Dalila, étudiante qui fait ses recherches sur internet. Les critiques visent le gouvernement qui n’a pas su doter le pays d’une infrastructure fiable malgré la manne financière des revenus pétroliers et gaziers des années fastes.D’autre part, Condor Electronics, leader des produits électroniques, électroménagers et Multimédias, a pris son envol. Après Dakar, il a inauguré un centre de distribution à Tunis. Abderrahmane Benhamadi, Président du Conseil d’Administration de la marque algérienne, a multiplié les poignées de main et les sourires et a reçu de multiples tapes amicales sur l’épaule. L’événement a été couvert sous tous les angles et les flashs ont crépités pour immortaliser ces instants. Il a affiché une ambition de 50% de chiffre d’affaire en provenance des exportations d’ici 2022. Il veut faire du «Made in Algeria» une référence sur le marché international. Pourquoi pas ? La crise donne apparemment des ailes à ce groupe qui a compris qu’il faut passer à une autre étape. Cette percée à l’international se joue sur deux leviers : la compétitivité des appareils de Condor et le rapport qualité/prix. Après avoir réalisé plusieurs performances sur le marché national, Condor Electronics franchit un nouveau cap. D’autres part, le Salon national du recrutement et de l’entrepreunariat, Carrefour Emploi 2017, qui a eu lieu récemment à l’office Riadh El Feth (OREF) a démontré la montée en puissance des métiers liés aux TIC, de la vente et de la gestion de la marque. Cette tendance témoigne de l’importance accrue de la marque dans un monde où la concurrence est vive. Sous l’influence des innovations organisationnelles et des innovations technologiques, de nombreuses professions se recomposent, mais rares sont celles qui se renouvellent complètement. Les emplois deviennent de plus en plus qualifiés. Les transformations des qualifications et des compétences requises impliquent la capacité de manipuler les outils, et la possibilité de les utiliser dans un cadre professionnel pour résoudre des problèmes dans l’exercice de métier. La bataille de demain sera celle de la robotisation, de l’automatisation et des fameuses «data», ces données que tout le monde s’arrache et surtout les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) pour interpréter et anticiper nos comportements. Des bouleversements majeurs sont à l’œuvre dans notre société. Il est important d’avoir une vision sur ce futur: il existe une responsabilité collective dans ce que nous allons construire demain.

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