Mohamed Hadj Sahraoui, développeur informaticien, est parti en « expat » sur l’Afrique avec une société allemande de développement de produits pour le microcrédit. Après une longue expérience, il veut lancer une société algérienne de mobile-banking en utilisant une solution sonore. Vous avez bien lu, il nous en parle. Alors, lisons-le…

IT Mag : Voulez-vous nous parler de votre parcours

Mohamed Hadj Sahraoui : Tout d’abord, je suis un informaticien et plus spécialement un développeur software. Après mes études, j’ai créé une entreprise de développement de softwares en Algérie et j’avais eu plusieurs projets. Malheureusement, il n’y en a avait pas assez ; ce qui a fait que j’ai dû partir chercher du boulot. Il faut tout de même dire que nous sommes arrivés à près de cinq développeurs et que nos projets ont été basés sur la finance islamique et le microcrédit.

C’est pour cela que maintenant vous êtes devenu un spécialiste dans ces domaines ?
Effectivement. Nos projets en Algérie ont touché les domaines de la finance islamique et le microcrédit. Ce qui fait que j’ai eu beaucoup d’expertise sur ces domaines et, bien sûr, quand j’ai commencé à chercher du travail, j’en ai trouvé dans mon domaine de prédilection, c’est-à-dire la finance.

Parlez-nous un peu de votre projet en Algérie? 
Mon projet en Algérie porte sur une plate-forme pour faire du mobile-banking avec une contrainte majeure. C’est-à-dire, il faudrait une authentification forte et une utilisation d’un terminal mobile simple et non un smartphone. Le paiement mobile s’organise mondialement autour de la technologie NFC mais il existe d’autres possibilités qui ne demandent ni terminaux spécifiques ni accords complexes entre acteurs. Et pour cela, nous avons choisi la solution « sonore », plus connue sous le nom de NSDT – Near Sound Data Transfer. Le NSDT permet d’utiliser tous les téléphones mobiles existants comme moyen de paiement ou comme outil d’authentification sur Internet. En effet, le NSDT utilise le canal audio des mobiles pour transmettre des données transactionnelles sécurisées. Ce qu’il faut savoir, c’est que d’après le dernier rapport de Juniper Research, en 2013, ce sera 530 millions de personnes dans le monde qui utiliseront leur téléphone pour gérer leurs opérations bancaires alors que l’on estime qu’à 300 millions d’utilisateurs en 2012.

Et comment cela se passe-t-il ?
Je vais vous expliquer pratiquement comment cela passe. Une fois que le client a choisi sa marchandise, il va passer à la caisse. Et donc pour le paiement, il va présenter son mobile au paiement. Le commerçant tape le numéro d’identification de l’acheteur et l’acheteur dans la minute qui suit reçoit un appel téléphonique. Il n’a ensuite qu’à décrocher et placer son téléphone devant la caisse. Il est automatiquement identifié et le transfert de son compte va s’exécuter pour payer le commerçant. En résumé, il y a émission d’une modulation spécifique via le haut-parleur du mobile, qui peut faire office de mot de passe, de signature électronique ou de certificat, et fonctionne comme un système d’authentification fort capable de sécuriser une transaction. Et si besoin, peut ajouter un niveau supplémentaire de sécurité par un code PIN et il reçoit un SMS de la transaction.Et contrairement à d’autres solutions,  n’importe quel mobile peut être utilisé, le numéro de téléphone servant d’identifiant, tandis que l’utilisateur entre, de son côté, un code personnel. La technologie NSDT est annoncée comme offrant une sécurité équivalente à celle d’une carte à puce.De plus, cette solution ne fait pas appel ni fait intervenir les opérateurs télécoms mobiles et les fabricants de terminaux. Il suffit tout simplement de relier la plateforme aux systèmes d’information des institutions bancaires. J’ajoute que les terminaux de paiement du commerçant sont des dispositifs dix fois moins onéreux que les systèmes traditionnels. L’attractivité du m-banking s’explique notamment par la simplicité des usages et l’accès permanent aux services financiers, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Ce qui est susceptible, pour le client, de renforcer le besoin de consultation et de contrôle de ses finances.

Vous nous faites rêver. Est-ce que le montant de la transaction est onéreux et est-ce que cette solution a été déjà installée quelque part ?
Non pas du tout. Selon le business-plan que nous avons fait, le coût de la transaction ne va pas dépasser les 20 dinars pour le client.
Ce n’est pas cher. Sinon, bien sûr que cette solution est installée ailleurs dans d’autres pays. L’entreprise pour laquelle je travaille aujourd’hui l’a déjà installé au Sénégal. Au départ, l’entreprise comptait 3 ou 4 employés, aujourd’hui elle en compte plus de 70. Et cela tourne. Il existe aussi la même solution pour la Namibie qui compte déjà plus de 10 000 clients.

Pourriez-vous nous donner une idée sur la mise en place de votre solution ?
La plate-forme que je veux installer en Algérie est presque prête mais il faut avant tout régler les problèmes administratifs et juridiques. Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas facile mais il faut persévérer. Ce dont je suis sûr, c’est que la mobilité est une nouvelle opportunité de développement. En effet, la « banque mobile » sera l’une des plus grandes réussites de l’industrie du commerce au cours des cinq prochaines années. Actuellement, en tant qu’investisseur, je suis en train de faire la boucle entre l’agence des impôts et mon cabinet d’avocat.
Par contre, je veux absolument dire qu’à travers ma solution, je ne veux toucher que les commerçants. Pour ce qui est de la date, si je me réfère à votre question, je ne pourrais pas vous le dire mais ce que est certain, c’est que nous sommes en plein travail pour régler tous les problèmes administratifs et juridiques tout en espérant être sur le marché algérien le plus tôt possible.

10 pensées sur “Mohamed Hadj Sahraoui à IT Mag « Je veux lancer le paiement par mobile »”

  1. Bonjour
    Bravo pour cette initiative… d’importation vers l’Algérie d’une “solution” m-banking qui, selon vos propos, marche bien ailleurs y compris dans des pays réputés moins riche que le nôtre.
    Mais permettez quelques questions: quelle université a fréquenté cet ‘informaticien – développeur” ? Quelle garantie peut offrir quant à la sécurité des transactions?

  2. Bonjour,

    la solution existe dans 25 pays dans le monde. avec plus de 30 projets. la réponse à la question de sécurité…

    maintenant concernant l’université, je compte lancer mon Projet en Algérie pas me faire recruté (je doute d’en puisse le faire, j’ai un CDI Suisse)

    autre chose, c’est une solution M-paiement pas M-banking c’est pas la même chose.

  3. Bonjour
    nous devons d’abord voir l’e-paiement avant de parler à propos de m-paiement, ce projet n’aboutira pas, car il n’y a pas beaucoup d’Algériens qui utilisent internet comparaison avec d’autres pays comme le Maroc
    Merci

  4. vous avez raison, concernant la priorité d’avoir le E-paiement avant le M-paiement et c’est pour cela que la solution serez utiliser exclusivement pour le E-paiement au début.

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