« Au début de 2012, on a décidé de prendre une orientation non pas en faisant moins d’architecture mais en développant et en formant plus d’ingénieurs sur l’activité des services de manière à proposer plus d’audits, plus d’accompagnement des clients », affirme le directeur général de CFAO Algérie, Joël Roux

C’est devant à un parterre de responsables d’infrastructures IT, issus tant du secteur privé que public, qu’ont été présentés de puissants instruments de gestion, de contrôle et d’optimisation des grands réseaux d’information. Une orchestration signée par CFAO Technologies Algérie, qui, à l’occasion, a fait appel à ses partenaires Feeder et IBM.
La première partie de la rencontre a essentiellement mis la lumière sur l’infrastructure, la gestion des flux qui y transitent ainsi que leur sécurisation. Il a également été question de qualité de services, assurée par une optimisation de la gestion de la performance, dont les instruments et les outils y afférents produisent des rapports d’audit qui conduiront par la suite à une meilleure compréhension et une juste rationalisation des performances. L’occasion ici de parler de l’approche PPDIOO (préparation, planification, conception, mise en œuvre, exploitation et optimisation). Mais ce qui aura retenu peut-être le plus l’attention, c’était la session de la rencontre où il a été question de « contrôle de flux ».
Dans ce volet, de puissants outils de diagnostic labellisés Network Instruments avaient été présentés. Principalement sous forme d’appliances, les solutions présentées se servent de technologies propres à Network Instruments pour surveiller, sonder, tester et éprouver les flux de données transitant sur les réseaux. Des outils qui servent à voir en temps réel ce qui se passe exactement dans les réseaux, ce qui y transite, quelle application ou quel programme le ralentirait ainsi que les sources d’accès afin de détecter la moindre brèche ou la moindre connexion non sollicitée.
Le plus important réside sans doute dans l’édition de rapports qui aident à la compréhension de même que la capacité de revenir sur un incident bien défini dans le temps dans la mesure où les flux sont enregistrés dans des historiques de telle sorte à reproduire virtuellement l’incident si, au moment où il a lieu, personne ne se trouvait en exercice de monitoring.
Le but étant d’arriver à améliorer la productivité des systèmes d’information et d’avoir la capacité d’anticiper les événements. Aujourd’hui, avoir un système qui « fonctionne » ne suffit plus dans la mesure où le plus névralgique demeure la réponse à apporter à ce dernier si jamais il s’arrête, avec en prévision un plan de continuité de services. Encore que, si on ne comprend pas pourquoi ni comment c’est arrivé, le système dans sa globalité reste vulnérable. Un raisonnement que ne peut que trop bien comprendre une banque par exemple qui n’a aucun intérêt, ni pour elle ni pour son client, à voir son SI victime d’une avarie.

IT Mag : Quel bilan faites-vous de 2012 ?

Joël Roux : L’année 2012 s’est bien déroulée sur le plan des chiffres, un peu moins bien sur le plan de la rentabilité. Nous savons que le marché algérien est un marché très contraignant en termes de marges puisqu’il y a beaucoup de compétition et tous les marchés font appel à la concurrence et au moins-disant. Pour une société comme CFAO qui investit beaucoup en formation, qui a des charges opérationnelles lourdes, cela se ressent directement sur les comptes de nos résultats. C’est le premier point. Le deuxième point concerne encore la législation qui impose le paiement par lettre de crédit avant que les clients nous paient entraîne aussi des tensions sur la trésorerie, en plus du coût des frais financiers qui grèvent les résultats opérationnels.

En termes de chiffres d’affaires…
CFAO Technologies Algérie va faire 1,4 milliard de dinars au cours de 2012, ce qui est une bonne progression par rapport à 2011, de l’ordre de 20%, ce qui est très bon. En revanche, en termes de rentabilité, nous n’avons pas progressé. Nous terminons à l’équilibre.

Quels ont été vos investissements ?
D’un point de vue investissement et business, et d’ailleurs ce séminaire répond parfaitement à ce cadre dans la mesure où en 2012 ; nous avons pris un virage. Nous sommes connus comme étant un intégrateur d’architectures. On vendait des solutions matérielles qu’on implémentait. Je parlais de rentabilité et, en fait, on s’aperçoit que dans la vente et l’installation de matériels, on ne fait pas assez de services. Or, on fait bien plus de rentabilité sur le service que sur l’équipement. Au début de 2012, on a décidé de prendre une orientation non pas en faisant moins d’architecture mais en développant et en formant plus d’ingénieurs sur l’activité des services de manière à proposer plus d’audits, plus d’accompagnement des clients, en espérant vendre plus de services.

Quelles sont les grandes lignes pour 2013 ?
Les grandes lignes pour 2013 c’est l’infogérance. On est convaincus que de plus en plus de sociétés vont devoir externaliser la gestion de leur parc. A ce moment, avec l’infogérance, on prend le contrôle de l’informatique, donc du poste de travail, voire au-delà? Et il y a aussi les audits. C’est un grand pays, avec beaucoup de sociétés qui ont beaucoup d’agences, beaucoup de réseaux? donc les contraintes de performance sont importantes et il y a alors une niche importante pour nous afin de développer encore plus notre activité dans la partie services d’audit d’infrastructures.

Et pour ce qui est des Datacenters ?
Dans notre métier traditionnel, effectivement, on est très spécialisé dans l’implantation de Datacenters ainsi que tout ce qui se rapporte à la virtualisation. Néanmoins, il faut savoir que dans l’industrie informatique, il y a plusieurs phases. On est parti, il y a très longtemps, d’une informatique centralisée, ensuite il y a eu la mode de la décentralisation et aujourd’hui, en fait, on est en train de revenir vers la centralisation. Mon analyse c’est que l’Algérie aujourd’hui, du fait que déjà c’est un pays étendu avec beaucoup de grands centres urbains, on s’aperçoit que les grandes entreprises ont décentralisé leur informatique. Les grandes banques, les grandes industries ont toutes plusieurs sites. Maintenant, en suivant l’évolution du marché, l’Algérie va revenir vers une centralisation et on voit déjà que les grandes institutions financières, comme la BEA ou la BNA, ont des projets de concentration. C’est juste un décalage dans le temps en sachant qu’il existe une autre problématique qui se pose en Algérie, c’est la sécurité des sites, puisque c’est un pays sismique, alors toutes les entreprises qui recentralisent sont obligées d’étudier en même temps des plans de reprise d’activité, avec des délocalisations. Donc double budget. Ce qui explique un peu ce décalage.

Le marché IT algérien a-t-il connu des bouleversements significatifs ?
Cela fait 4 ans que je suis en Algérie, et en termes de bouleversements significatifs je dirais oui dans la mesure où, à titre d’exemple, il y a 4 ans justement, on ne parlait pas du tout de virtualisation. Aujourd’hui, chez tous nos clients, quasiment dans toutes les solutions informatiques qu’on présente, il y a de la virtualisation. Aussi, il y a 4 ans, on ne faisait pas réellement d’optimisation de réseaux, aujourd’hui c’est systématique. Il en est de même pour la recentralisation. Donc oui, il y a eu des bouleversements.

Quelles seront, selon vous, les grandes tendances d’achat ou d’opportunités d’affaires qui marqueront 2013 ?
Il y a des réflexions en cours au niveau des ministères sur du Cloud public pour relancer le projet de réseau intergouvernemental qui avait été lancé il y a quelques années mais qui n’a jamais été activé. La Sonatrach est en train de refondre complètement son infrastructure pour en faire une infrastructure uniformisée par rapport à toutes ses branches. Les banques publiques et privées sont également toutes en train d’élaborer des plans de reprise d’activité sur des impositions de la Banque centrale? donc ce sont réellement les grandes tendances du marché. Je reviens encore à l’infogérance, car on sait aujourd’hui que les entreprises de services, les pharmacies par exemple, commencent à se concentrer sur leur métier et externalisent. On voit de plus en plus de helpdesk externalisés qui se mettent en place.

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